Réconcilions Digital et Environnement

Aujourd'hui, 29 Juillet, est le jour du dépassement pour 2019 ! C'est à dire qu'à partir de maintenant nous consommons les ressources de la planète à crédit. Alors, nous devrions tous réfléchir à limiter notre consommation : déplacement, nourriture, ... et le digital ?

L'impact environnemental du Web et du secteur Digital dans son ensemble est assez catastrophique. Pourtant, on en parle beaucoup moins que du transport, de l'alimentation, de l'habitat, du tourisme, ... En fait, on en parle quasiment pas.

Acteurs du digital et citoyens engagés dans les préoccupations environnementales, nous souhaitions nous pencher sur un état des lieux général, sur l'impact de nos activités et aborder quelques bonnes pratiques digitales et des pistes d'amélioration à mettre en oeuvre pour un développement plus durable.

Objectif : zéro langue de bois

Pas de langue de bois, pas de Green Washing dans cet article. L'impact environnemental grandissant du Digital nous préoccupe grandement en tant que facilitateur ou accélérateur des stratégies digitales de nos clients.

L'idée n'est pas de tout arrêter mais de se focaliser davantage sur du qualitatif plutôt que de continuer à raisonner en quantitatif. Notre ambition est double :

  • sensibiliser à l'impact environnemental des opérations "digitales",
  • présenter des bonnes pratiques plus durables qui permettent d'atteindre les mêmes objectifs.

Il faut stopper la course au volume de plus en plus énergivore, pour se recentrer sur des taux d'interaction, de conversion optimisé. Malheureusement, il est, aujourd'hui, davantage politiquement correct de diffuser des bannières publicitaires sponsorisées que de distribuer des flyers en papier. Pourtant, la planète n'est pas du même avis.

Véritable système nerveux, le Web engloutit des quantités considérables d’énergie chaque jour. Pourtant, imaginer un monde sans Internet, sans équipement numérique, nous paraît impossible. Alors il est temps de pousser les acteurs du numérique à produire plus durable, à consommer mieux, et à se convertir aux énergies renouvelables !

Quel est l'impact environnemental du Web ?

C'est une question que nous nous posons depuis plusieurs années. Nous pourrions désormais l'élargir à "Quel est l'impact environnemental du secteur du Digital en général ?". Puisqu'on parle autant de transformation digitale des entreprises que de Responsabilité Sociétale des Entreprises, il serait bon, en amont, de déterminer les axes les plus énergivores ou ayant les impacts les plus négatifs sur la planète et sur ceux qui l'habitent.

Consommation électrique du Digital

A l'échelle mondiale, la part du numérique représente environ 10% de la consommation électrique dans le monde si vous prenez en compte toute l'énergie nécessaire pour : 

- fabriquer les serveurs, ordinateurs, téléphones et autres objets connectés, 
- fabriquer et poser les réseaux de câbles et autres composants qui nous relient tous aux data centers du monde entier
- stocker toutes ces données dans les datacenters
- faire circuler ces données pour nous les restituer, 
- alimenter au quotidien nos téléphones, tablettes, etc. 

 

Cette quantité d'énergie est plus importante que... Accrochez-vous... La consommation annuelle d'électricité de la Russie ! 

Dans certains pays, la consommation électrique liée au secteur Digital très importante et c'est une mutation rapide.

Notre mission : Réaliser des applications ou des sites Web les plus "légers" possibles. Cela va aussi au service de l'expérience utilisateur.

Les datacenters montrés du doigt

Les datacenters (ou centres de données pour la French touch) stockent toutes les données disponibles sur la toile. Vous savez, ces immenses bâtiments qui ressemblent à des usines super sécurisés, dans lesquels toute votre vie numérique est stockée !

En revanche, vous ignorez peut-être que ces engins consomment entre 40% à 55% de l'énergie nécessaire au fonctionnement des millions de serveurs qu'ils abritent UNIQUEMENT pour refroidir leurs locaux. En effet, ces serveurs tournent 24/24h et 7/7j, par conséquent, ils fabriquent de la chaleur, tout comme votre ordinateur sur votre bureau. Et il faut garantir une plage de température optimale relativement réduite.

Pour réduire ces besoins en refroidissement, les opérateurs commencent à localiser leurs équipements dans des pays froids. C'est le cas du projet du plus grand datacenter au monde situé dans une petite ville au Nord de la Norvège. 600 000 m2, rien que ça ! 

L'objectif du projet est d'alimenter la totalité de ce centre de données avec des énergies renouvelables d'origine éolienne et surtout hydroélectrique. Pour cela, elle compte bien profiter des atouts du site : la température extérieure (18° maximum en plein été)  et la présence d'un lac à proximité. 

Ces efforts vont dans le bon sens mais sont, malheureusement, anéantis par une sorte d'effet rebond liés aux usages supplémentaires incités par le recours au Cloud.

Notre mission : vous conseiller sur les usages adaptés à votre activité.

Le cloud : ce nuage de ... pollution

Comme beaucoup, chez KAPT, on a pris le (mauvais) réflexe "cloud". C'est tellement pratique : des fichiers toujours accessible, facilement partageables et on peut même travailler à plusieurs en même temps ! Mais à quel prix ?

Au prix d'un stockage sur un de ces fameux datacenters et d'une connexion Internet obligatoire entre votre équipement et l'emplacement du datacenter (parfois à l'autre bout du monde) ... entre autres.

Certains disent que le cloud "pousse à la consommation" en créant de nouveaux besoins. Mais c'est surtout une sorte d'intermodalité des usages qui amplifient l'impact environnemental. En effet, le cloud facilite un usage partagé entre plusieurs équipements : mon ordinateur, ma tablette, mon SmartPhone, mais aussi ma TV et une liste croissante de terminaux connectés.

Notre mission : ne pas vous faire surconsommer du Cloud !

Fabrication des équipements numériques

On touche, sans doute, au point essentiel de l'impact environnemental (et sociétal) du Digital : notre équipement. On le veut toujours plus performant, plus léger, plus autonome, ... mieux qu'avant.

On en change donc souvent : environ tous les 2 ans pour un SmartPhone, tous les 3 ans pour une tablette, tous les 4 ou 5 ans pour un ordinateur, ... idem pour une TV connectée. Et il y a, tous ces nouveaux équipements qui n'existaient pas avant : bracelet ou montre connectée, enceinte et assistant vocal, robot et autres objets connectés.

Malheureusement, en plus d'une consommation électrique très importante, la fabrication de ces équipements nécessite des matériaux rares qui sont au coeur de conflits comme le ColTan dont est issu le Tantale des condensateurs.

Notre mission : proposer des solutions logicielles qui fonctionnement sur le plus grand nombre d'équipement possible.

Newsletter et réseaux sociaux : le règne de l'abondance

 

Etat des lieux de l'impact des activités et réalisations de KAPT ?

Nous sommes loin d'être parfaits mais nous tâchons de faire des efforts afin de réduire l'impact environnemental de notre activité : 

 - sur notre fonctionnement interne : cela sera prochainement l'objet d'un article dédié mais globalement, nous essayons d'expérimenter de nouveaux fonctionnements moins "gourmands". On essaie toujours de se protéger du "faites ce que je dis, pas ce que je fais".

 - sur nos réalisations client : nous sommes conscients d'avoir un rôle prépondérant dans la construction d'une stratégie digitale la plus "responsable" possible : éviter les excès (Newsletter adaptée, Réseaux sociaux maitrisés, pas de publicité massive, etc.), favoriser la qualité à la quantité (approche InBound Marketing, ciblage "personas", etc.) et proposer des solutions logicielles "légères". Nous détaillerons cela dans une future brève digitale.

Bonnes pratiques digitales pour un développement digital plus durable

Comme de nombreux citoyens, salariés, entrepreneurs, vous souhaitez sûrement faire des efforts pour protéger la planète et limiter votre impact sur l'environnement. Cela peut être aussi une façon originale pour votre entreprise de se démarquer de vos concurrents en donnant l'exemple à suivre. Voici quelques bonnes pratiques :

La gestion de vos e-mails

Les mails sont un vecteur de pollution important qu'il ne faut pas négliger : envoi, stockage,... Tout cela demande de l'énergie et de nombreux serveurs sont alors sollicités pour l'envoi d'un simple e-mail. On estime d'ailleurs qu'un mail envoyé à un seul destinataire avec une pièce jointe de 1 Mo représenterait environ 15 grammes de CO2. Alors imaginez la quantité de CO2 émise lorsque vous envoyez 100 mails par jours avec plusieurs pièces jointes et de nombreux destinataires en copie ! On est proche des CO2 qui s'échappent d'une voiture thermique classique, pourtant on en parle beaucoup moins.

De nos jours, il est impossible de se passer de cet outil précieux, on vous l'accorde, mais il existe quelques bonnes pratiques à mettre en place facilement pour réduire cet impact environnemental (que ce soit sur votre messagerie pro ou perso d'ailleurs !).

Pour les échanges en interne, tâchez de vous passer de mails inutiles en privilégiant les boîtes de dialogue telles que Slack ou tout simplement en allant boire un café pour discuter... 

Pensez également à mettre vos documents de travail en réseau, pas forcément sur un Drive mais sur un serveur NAS, afin qu'ils soient disponibles pour tous, partout et tout le temps, cela évitera des aller-retours inutiles par mail. Attention aux pièces jointes !

Pour limiter la réception de mails, n'hésitez pas à utiliser un logiciel anti-spam et désabonnez-vous des newsletters qui ne vous intéressent pas/plus. De cette façon, vous et votre travail seront moins pollués et la planète s'en portera mieux elle aussi ! N'oubliez pas de vider votre corbeille et votre dossier spams régulièrement ; car même si vous ne les voyez pas, ces mails sont tout de même stockés sur un serveur en attendant d'être détruits. 

Enfin, quand vous envoyez un mail, réduisez au maximum la liste des destinataires aux seuls véritablement concernés.

Et les vidéos ?

Le streaming est un mode de transmission des données audio et vidéo qui vous permet de lire des fichiers multimédia en direct, sans avoir à les télécharger avant des les visionner (par exemple YouTube, DailyMotion, Viméo, ...). Les données sont transmises en flux continu, à partir du moment où vous sollicitez le fichier, et non après le téléchargement complet de la vidéo.

Résultat : si vous regardez un film qui dure 2 heures, cela signifie que le flux continu sollicite à la fois un ou plusieurs serveur(s) à distance + vos équipements à domicile (téléviseur, ordinateur, tablette et box télé ou encore adaptateur) et ce pendant toute la durée où vous regardez tranquillement votre film. Bref, avec le streaming ce sont tous les équipements numériques qui moulinent et qui consomment.

Une récente étude a montré que 75% du trafic Internet mondial concernait la vidéo dont plus de 12% rien que pour YouTube ! Et on dépassera les 80% en 2020. 

C'est pourquoi, pour limiter les impacts : 

  • attention à ne pas vous faire hypnotiser par YouTube et ses sollicitations. Le temps moyen par jour et par personne vient de dépasser l'heure ! Anti-addicition
  • veillez à ne pas trop publier de contenu vidéo sur votre marque (ou sur vous) : même s'ils sont peu vus, ils sont quand même stockés et potentiellement consultés par des gens non intéressés. Pensez qualitatif !
  • soyez concis et adapté : Oubliez les longs métrages sur votre marque : la durée optimale d'une vidéo sur Internet est autour de 2 minutes. Toutes les vidéos ne justifient pas le recours à du 4k ;-)

Et les équipements ?

Par ailleurs, il faut savoir que vos appareils numériques travaillent même quand vous ne les utilisez. Résultat : ils consomment de l’énergie en permanence !

Par exemple pour un SmartPhone, ayez le réflexe "mode avion" : plus de Wi-Fi, ni Bluetooth = de l'autonomie conservée = une batterie qui vivra plus longtemps. Mais surtout plus de notification, plus de service qui interrogent le Web dans votre dos et qui sollicitent des routeurs, des serveurs,  ... et votre SmartPhone. Sinon, vous pouvez aussi l'éteindre complètement.

Pensez aussi toujours à éteindre les boitiers et si possible les débrancher si vous ne les utilisez pas. Le mieux, étant d’avoir une multiprise avec un interrupteur. Résultat : moins d'ondes et moins de consommation électrique.

Enfin, essayons de conserver nos équipements numériques plus longtemps ... ou de leur donner une seconde vie à travers l'adoption par une personne moins exigeante !

Autres pistes d'amélioration pour limiter l'impact environnemental du Digital

Les moteurs de recherche

En France, 94% des recherches sur internet sont réalisées via le moteur de recherche Google. L'entreprise du géant du web tire l'essentiel de ses revenus de la diffusion de contenus publicitaires et de la revente d'informations sur le profil de ses utilisateurs.

Il n'est donc pas interdit d'opter pour un moteur de recherche qui réinvestit ses gains dans l'environnement, comme par exemple Ecosia. Le moteur de recherche compense 100% de ses émissions en CO2 et a déjà planté 18 millions d'arbres partout dans le monde grâce à ses bénéfices.

Nous pouvons également citer Lilo, qui finance des projets sociaux et environnementaux grâce à nos clics. Vous pouvez donc naviguer sur le Web en toute tranquilité et en faisant moins surchauffer la planète ! Certes, Google est un outil indispensable pour les marketeurs et les pros. Mais si on laissait tomber Google à la maison pour opter vers une solution plus éthique ? 

 


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